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La Genèse de Lyria Une rencontre inattendue, dans un lieu insolite chargé d’une symbolique forte. Un amour partagé pour la musique. Une volonté presque immédiate de prolonger ce partage par une mise en œuvre, par le mariage sacré de deux générations. Une envie d’associer tradition, transmission et regard nouveau à partir d’un thème fondamental, éternel, l’amour, porté dans son expression la plus exigeante, la beauté. |
Et puis une idée majeure rassemblant nos deux identités, nos parcours, nos repères communs, nos piliers forces, notre éthique, notre sens de l’humain. A la base la demande d’un ami de réaliser avec moi une association de promotion des jeunes talents lyriques. Trouver un nom à cette association. Puiser dans le matériau mythique des sources sémantiques susceptibles de forger ce nom. Découvrir trois Muses à Delphes associées à la Lyre de l’harmonie Universelle : Hypaté, Mésé, Nété. Conserver la première syllabe de chacun de leur nom et générer ainsi : Hyméné. Sentir soudain que je tiens quelque chose de porteur. Comme la synthèse tant attendue de toute ma vie, mon interrogation personnelle, ce qui pourrait rassembler dans une œuvre artistique tous mes questionnements posés depuis des années dans ma peinture, ma poésie, mes différents écrits, mes déchirures, mes rencontres, mes espérances, mes sentiers infinis. Se rendre compte que le mot Hyméné doit être réservé à cette association de promotion lyrique. Eprouver soudain quelque chose de plus fort, de plus éminent. Ne pas dormir des nuits entières parce que le créant vous envahit l’esprit. Puis vivre cet instant sublime vers quatre heure du matin, cette heure du loup quand les hurlements associant plusieurs harmoniques expulsent un souffle messager à la puissance divine. Trembler de peur et de plaisir à la prise de conscience de cette émergence et deviner que le Verbe vient de parler, de vous transmettre le message attendu, celui des réconciliations attendues avec soi-même. Appeler Eric quelques heures plus tard, lui délivrer le message et percevoir que sa lecture l’emporte déjà dans sa création musicale, qu’il a décrypté mieux que quiconque la teneur de ce qui deviendra vite notre manuscrit de Qumrân. Le laisser libre d’habiller les empreintes des mots que je lui propose des mois durant pour les ancrer définitivement dans notre œuvre commune. |
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Constater enfin qu’il était le seul à pouvoir transcender musicalement le message que j’avais reçu, qu’il était le seul vulcain capable d’entretenir des mois durant ce brasero de notes du feu intérieur qui crépitait en moi depuis tant d’années. Mais tout cela ne serait pas arrivé si un soir lors d’un concert, une étincelle n’avait pas jailli d’un œil féminin pour m’envoyer la lumière sans laquelle, le hurlement du loup ne me serait jamais parvenu. Nul besoin de la nommer, elle se reconnaîtra dans cet hommage qui la contient toute entière.
Gérard LUJAN |
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